Le purin d’ortie est l’engrais le plus simple à produire au jardin, et il ne coûte rien. Faire du purin d’ortie demande des orties, un contenant non métallique et deux semaines de patience. Voici la recette, les repères à surveiller et les dilutions à utiliser selon les plantes.
Récolter les orties
Coupez des orties jeunes, avant la floraison : c’est à ce stade que ces plantes sont les plus riches. Gants épais, sécateur, et prenez tiges et feuillage en laissant les racines en terre, les orties repartiront.
Les orties que vous arrachez ailleurs dans le jardin font parfaitement l’affaire, à condition de ne pas être montées en graine. Hachez-les grossièrement avant de les immerger : plus la surface de contact est grande, plus le processus démarre vite.
Les proportions et le contenant
Comptez 1 kg d’orties fraîches, ou 100 g d’orties sèches, pour 10 litres d’eau. C’est le dosage de référence du purin d’ortie, valable pour tous les usages puisque c’est la dilution finale qui ajuste la concentration.
Le contenant ne doit pas être métallique : un seau en plastique, une poubelle de jardin, un fût en bois ou un pot en terre conviennent. Le métal réagit avec le purin et dégrade le produit.
Utilisez de l’eau de pluie si vous en avez. Le chlore du robinet tue une partie des bactéries qui font le travail ; à défaut, laissez reposer 24 heures à l’air libre avant de commencer.
Ne remplissez pas jusqu’au bord : la fermentation fait mousser, il faut un tiers de vide.
Surveiller la fermentation du purin d’ortie
Placez le seau à l’ombre, couvert mais pas hermétiquement fermé, les gaz doivent pouvoir sortir. Brassez le purin une fois par jour avec un bâton.
Comptez 10 à 15 jours à une température de 18 à 22 °C. En plein été, le purin d’ortie est prêt en une semaine parfois. En avril ou en septembre, prévoyez trois semaines.
Deux repères disent que c’est terminé. Le premier : quand vous brassez, plus aucune bulle ne remonte. Tant que ça mousse, il faut attendre. Le second : le liquide est devenu brun foncé et les orties se sont désagrégées.
Ne laissez pas traîner au-delà. Un purin d’ortie trop avancé perd de son intérêt et se met à sentir franchement mauvais, ce qui n’est déjà pas son point fort.
Filtrer et conserver
Filtrez le purin à travers une vieille taie d’oreiller, un morceau de moustiquaire ou une passoire fine. Les fibres restantes bouchent les pulvérisateurs, il vaut mieux y passer cinq minutes.
Les résidus d’orties vont au compost, où ils apportent leur azote. Rien ne se perd.
Conservez le purin filtré dans des bidons opaques bien remplis, fermés, à l’abri de la lumière et au frais. Dans ces conditions, le purin d’ortie garde son efficacité quatre à huit mois. À la lumière et au contact de l’air, il se dégrade en quelques semaines.
Les dilutions selon l’usage
Pour utiliser le purin d’ortie en engrais, au pied des plantes, diluez à 10 %, soit 1 litre de purin pour 9 litres d’eau. Arrosez une fois tous les quinze jours pendant la croissance, de mars à juillet.
En pulvérisation sur le feuillage, descendez à 5 %. Les plantes absorbent directement et ça passe vite : au-delà, vous risquez de les brûler.
Pour utiliser le purin d’ortie en répulsif contre les pucerons, montez à 15 ou 20 % et pulvérisez en visant le revers du feuillage. L’effet est réel mais ne dure pas, il faut recommencer après chaque pluie.
Ne l’utilisez jamais pur, dans aucun cas. Le purin d’ortie non dilué brûle les plantes et bloque leurs racines.
Quelques limites à connaître
Le purin d’ortie est très azoté, donc il pousse la végétation. C’est ce qu’on veut sur les salades, les choux, les poireaux ou les tomates en début de saison. C’est exactement ce qu’on ne veut pas sur des plantes en fleurs ou en fruits, où le purin fait grossir le feuillage au détriment de la récolte.
Arrêtez donc d’en utiliser après la floraison, et n’en donnez pas aux légumineuses, qui fabriquent le leur.
Pour un renfort en potasse et en oligo-éléments plutôt qu’en azote, le purin de consoude joue le rôle complémentaire, avec exactement la même méthode de préparation.
